Les Trois Seigneurs

Les Trois Seigneurs

Une rando vélo sur le thème de la performance physique avec malgré tout des paysages magnifiques des Pyrénées. Trois Seigneurs, pour le Pic des Trois Seigneurs dont on fait le tour ou pour les 3 cols qu'on va gravir... à vous de choisir !

samedi 29 août 2026

Le nom de ce tour n'est pas de moi, la trace non plus. Pour cette randonnée, j'accompagne un ami, toujours le même... Il faut dire que les passionnés de vélo c'est pas non plus hyper courant alors ils sont précieux ! Une trace qu'il a imaginé autour du Pic des Trois Seigneurs, et qui dit trois seigneurs, dit aussi trois cols, petit jeu de mots au passage... Vous me direz heureusement que ce pic ne s'appelle pas le pic des quinze seigneurs, je suis pas sûr que j'aurais suivi le mouvement là...

Carte interactive en cours de chargement…

Après la sortie de Tarascon-sur-Ariège, nous arrivons très vite sur une piste magnifique et très roulante. Très jolie piste sur quelques petits kilomètres, puis la piste se transforme en un sentier tout pittoresque. Un sentier dans l'ensemble étroit mais pas trop. Simplement un petit glissement de terrain évité en portant le vélo, c'était le passage technique du sentier car le reste se révèle très agréable, à l'ombre des bois on surplombe un ruisseau...

On retrouve la route principale du col de Port, mais que pour un bref passage, car ensuite nous partons sur une petite route bien plus agréable, mais certainement pas moins pentue, au contraire en général les petites sont connues pour avoir des pentes moins douces... mais si c'est le prix à payer alors aucun soucis ! On s'élève dans les hauteurs des Pyrénées, les paysages sont très jolis. Et comme c'est la première montée, franchement je pète la forme. Enfin, comme quelqu'un qui a dormi 3-4 heures la nuit d'avant, mais franchement je ne ressens pas du tout le manque de sommeil !

Symbole de la randonnée du jour, nous apercevons au loin le fameux Pic des Trois Seigneurs !

Puis après plusieurs kilomètres d’ascension, nous rejoignons la route principale du col de Port pour les derniers kilomètres avant le sommet. On passe donc sur une route moyenne. Ce sont les derniers kilomètres, c'est le moment où on a envie d'envoyer les watts et de partir à fond. Mais non, prudence oblige, ce n'est que le premier Seigneur et il en reste 2, cols, à gravir !

C'est au sommet de ce premier col que nous décidons de prendre notre repas du midi. Il faut dire qu'il est midi passé, le timing est plutôt pas mal ! Après avoir récupéré un Orangina au bar du coin, nous décidons de nous installer près du départ d'un chemin dans les bois, à proximité de chevaux. Pas la meilleure idée, car l'un d'entre eux, par curiosité envers ces nouvelles personnes et leurs victuailles, s'approche et pose son pied à 2 cm d'une roue de mon vélo... J'ai eu un peu peur !!

Nous repartons ensuite, remontons sur la route que nous descendons un petit peu avant d'emprunter une superbe piste. Superbe... très jolie c'est sûr mais assez cabossée aussi et ça secoue un peu dans la descente. C'est aussi que vu que j'ai encore pas mal de route ensuite, pas envie de diminuer la pression des pneumatiques pour les regonfler ensuite, alors tant pis, je souffre en silence joy emoji).

La descente se poursuite quelques kilomètres sur route. L'inconvénient d'aller vite en descente, c'est que la montée qui suit arrive plus rapidement. Et les choses sérieuses reprennent. Il faut dire que la route est même plus sournoise, car au départ la route monte tout doucement. Loin de nous rassurer, car on sait grace au compteur GPS à quelle altitude on doit arriver... donc si ça monte doucement au départ c'est que ça va monter SA MÈRE la mère de sa grand mère ensuite... pardonnez mon langage c'est l'émotion qui parle... wink emoji

L'effort est rude dès que la montée reprend ses droits. Et puis à un moment la route longe un ruisseau, et j'envie des gens au bord de l'eau en train de profiter tranquillement de la fraîcheur des arbres et de l'eau. Oh et puis flûte, c'est le moment d'allumer la clim : je m'arrête donc et vais m'arroser généreusement avec l'eau du ruisseau. Et puis c'est reparti, cet instant fraîcheur est (trop) vite oublié, et l'effort reprend de plus belle. Vous vous rappelez du moment où j'ai dit que je ne ressentais pas la fatigue de mes 3 pauvres heures de sommeil de la nuit passée ? Et bien ça y est je la ressens bien dans les MOINDRES détails à présent ! Avant les derniers kilomètres d'ascension, nous nous arrêtons, pour le plus grand plaisir des mes jambes et de mes papilles, prendre une glace 2 boules (oui 2, j'ai été BEAUCOUP TROP raisonnable, tout part à vau-l'eau...), et 1 coca pour une injection de sucre muy rapide.

Et puis... quand il faut y aller faut y aller, alors on reprend la grimpette jusqu'au sommet. Il faut dire que le paysage est juste sublime et donne clairement envie de continuer malgré la fatigue toujours plus intense... même si la pause a fait du bien, je sens des douleurs dans les jambes qui m'inquiètent un peu pour le 3ème des seigneurs ! La fin de ce col se fait sur une toute petite route très mignonne, même si sur un passage il y a quand même pléthore de voitures qui nous dépassent... purée retournez sur votre autoroute et laissez-nous respirer sur nos petites routes clown_face emoji

Comme toute chose dans la vie, le sommet a bien finit par arriver, les doutes sur mes capacités pour la suite aussi. Mais après tout la suite à cet instant précis c'est la grand descente du col, donc nous aborderons ce genre de questionnement futile plus tard. Car il existe bien une solution de backup pour éviter le dernier col et terminer en descente tranquillement jusqu'à la gare de départ. Mais bon, on sait très bien que les backups ça ne sert qu'à rassurer les angoisses, ce n'est jamais fait pour les prendre...

Nous attaquons donc la descente. Ça aurait pu être une pure partie de plaisir, mais il y a des fois ou la vie veut vous envoyer un message. Alors que mon ami était loin devant à rechercher les sensations des coureurs du Tour de France (c'est grisant je peux le comprendre) je le retrouve plus loin au bord de la route. Il a eu sa piqûre de rappel que le vélo peut être dangereux, notamment si on oublie la prudence. J'en sais quelque chose puisque j'ai eu la même il y a bientôt 1 an (même si pas du tout le même type d'accident, c'était aussi en bonne partie ma faute), avec de longs mois de séquelles qui ont le mérite de faire réfléchir, d'où le fait que j'étais assez loin derrière wink emoji. Comme moi donc l'accident a été violent mais il a eu lui aussi beaucoup de chance au final. Et je lui souhaite d'en retirer quelque chose. Après, certains (cf certaines chaînes Youtube) aiment vivre avec le risque. Tant qu'on sait que le risque existe et qu'on a conscience qu'il peut mener au cimetière, chacun vie sa vie comme il veut après tout... J'ai pour ma part choisi une autre voie, le tout est de trouver le bon curseur.

Bref... c'est avec encore plus de prudence et l'esprit un peu moins à la fête que nous terminons la descente du col. Les quelques kilomètres qui suivent se font également sous le signe du doute de la suite à donner à cette randonnée pour ma part. Au final, d'une part parce que mon ami va relativement bien (il roule droit et semble de ses dires aller bien) et qu'il pourra terminer les 6 kilomètres restants sur une route en descente tranquillement, je décide de poursuivre la route en solitaire. Pas envie de finir sur une mauvais note, et puis bon... Les Presque Trois Seigneurs c'est pas un peu naze comme nom non ?! exploding_head emoji

Après avoir rempli une gourde d'eau (on est jamais trop prudent), j'entame la montée sur petite route. Elle monte fort, mais la volonté a même pris le pas sur le mental, la force physique n'étant plus là depuis longtemps, ce qui fait que je ne ressens pas de grosse difficulté sur cet ultime épreuve. Je la trouverai même plus facile que le col précédent, alors que clairement sur le papier la difficulté est bien supérieure ici. Juste, 17h oblige il fait assez chaud. Coup de chance, je passe juste à côté d'une fontaine et j'en profite pour me mouiller, et ça va de suite beaucoup mieux !

Et puis au bout de quelques kilomètres, l'ascension passe sur une piste bien roulante et en plus bien à l'ombre : le paradis d'une belle montée de col ! C'est vraiment hyper agréable. D'ailleurs, c'est sûrement grâce à cela que ce troisième seigneur me semble le plus facile à gravir ! L'environnement fait complètement oublier l'effort !

Et puis au bout d'un peu plus d'1 heure j'arrive au col de Larnat. Ne vous y méprenez pas, le 3ème seigneur n'est pas ce col, ce n'est qu'une étape mais la vue est déjà très belle ! Bon point pour la précision de mon altimètre de mon compteur qui annonce 1192m contre 1194m pour le panneau !

Après une courte pause photo, la montée peut reprendre. En principe, pas d'inquiétude et je pourrais prendre mon temps, la plupart des modèles météos ne prévoient finalement pas d'orage. La plupart mais pas tous, et la météo pouvant changer très vite en montagne donc je reste sur mes gardes. D'ailleurs entre 1 et 2 kilomètres avant le sommet de cette dernière ascension, j'entends un grondement très faible au loin. Comme quoi l'orage est quelque part. Mais bon il reste si peu de distance et le ciel est toujours bleu, à peine voilé au-dessus de moi donc je conviens que je peux continuer. Et ne faisons pas de suspens : je ne croiserai jamais l'orage, même de loin.

La vue se dégage de plus en plus jusqu'au moment où - ça y est ! - j'atteins le toit de cette dernière petite grimpette. J'y arrive alors que le soleil commence son lent déclin, ce qui donne des paysages juste magnifiques, voyez plutôt !

Et puis c'est le moment de redescendre tout ce que je viens de monter. Une large partie de cette descente se fait sur chemin. La dernière fois que j'ai fait ça ça s'est très mal terminé, et c'est la première fois que je retente l'expérience sur une aussi longue distance alors j'active le mode prudence maximale et je pars affronter mes peurs. Et aussi je dégonfle rapidement les pneus car à si haute altitude les chemins sont rarement de belles pistes blanches, celle-là ne fait pas exception. Avantage du tubeless la descente est relativement confortable, et le chemin en sensation relativement carrossable. La descente sur chemin se fait donc sans encombre ni mauvaises surprises ! Enfin, à part que mon genoux droit me lance un peu et je ne peux donc pas rester en appui sur les pieds pour absorber les irrégularités du terrain avec les jambes. Mais rien d'insurmontable, et sur la fin, la piste devient même bien plus proche de la piste de gravel parfaite !

Et puis j'atteins la petite route qui prend la relève de la piste. Le temps de prendre la photo, un chien arrive en aboyant vers moi. Je me permets de lui rappeler qu'il est en Ariège - car les chiens ariégeois ont la réputation chez moi d'être très bien éduqués, et je n'ai à ce jour aucune exception à décrire - alors il aboie mais reste à distance, il avance doucement, de fait j'ai largement le temps de prendre ma photo puis partir à une vitesse qu'aucun canidé ne pourra soutenir, ariégeois ou pas ! Arrivée à Les Cabannes quelques 8 minutes plus tard, pile poil pour le resto !

En parlant de restaurant, je choisis pour ce soir La Maison Lacube, qui me font un très bon accueil à moi et à mon vélo que je peux mettre en sécurité dans leur jardin, j'apprécie le geste. Il s'agit d'éleveurs qui ont fait ce restaurant où ils vendent directement leur production ainsi que celles d'autres amis éleveurs locaux. J'aime bien le concept ! Je prends le menu dégustation afin de découvrir un max de leur carte. Quand le serveur m'amène l'entrée il ne me dit pas "bon appétit", mais "bon courage". Surpris au début, je comprends pourquoi plus tard. C'est assez copieux, c'est rien de le dire, et en plus très très riche en viande donc ça cale rapidement. Pour vrai, je n'ai déjà plus très faim après l'entrée. Le plat arrive ensuite tout aussi - sinon plus - copieux. C'est délicieux surtout l'agneau qui est extra fondant ! Alors qu'après une telle sortie à vélo, on pourrait penser que ce n'est qu'une formalité, aujourd'hui pas... Je ne parviens pas à terminer l'assiette, même s'il ne reste quand même pas grand chose. En attendant le dessert, alors que d'habitude j'apprécie les desserts bien généreux, aujourd'hui j'en viens à espérer qu'il sait aussi petit que possible ! Heureusement, il s'avère assez léger, et contient la FAMEUSE croustade aux pommes que je soupçonne de venir de l'épicerie d'en face, là où est la meilleure croustade de tous les temps - ou presque.

Je sors du resto il me reste encore bien 40 minutes avant le train. Je décide donc de faire une petite ballade digestive tout doucement à vélo. Le compteur affiche 94 km, et je me dis que c'est bien trop proche de 100 km pour ne pas les atteindre, d'autant que c'est largement faisable sans se presser. Je finis donc la journée avec 101,00 km (même pas fait exprès...).

Ce fut une randonnée très exigeante mais aussi absolument magnifique ! Le concept de monter 3 grand cols est à vrai dire très dur pour le mental. Si vous avez déjà roulé dans des coteaux, sur terrain vallonné, dites-vous que c'est le même ressenti sauf que l'amplitude des "vallons" n'a rien à voir ! Passer trois fois de suite la barre des 1000 mètres d'altitude ce n'est pas singulier ! En tout cas je garde ce parcours en tête, pour sûr je le referai, en tout ou partie, une autre fois...