
L'Espagne... J'ai déjà fait ou prévu 2 randonnées qui devaient y aller. Pourtant, ces 2 fois j'ai dû changer mes plans. C'est comme s'il y avait une sorte de malédiction qui faisait que je ne pouvais pas aller - à vélo tout du moins - dans ce pays. Mais bon, même si on dit jamais 2 sans 3, j'ai décidé de m'entêter et de retenter l'expérience. Ma foi, j'aurais peut-être dû écouter le destin et tenter un autre moyen de locomotion... Je sais pas, y aller en tapis volant... Je vais être plus terre à terre et retenter l'expérience à vélo, pour le meilleur... ou pour le pire...
Au départ, je devais faire une boucle depuis Collioure, aller jusqu'à Portbou en Espagne puis revenir par les fameuses pistes espagnoles et revenir au point de départ. Mais tout ne s'est pas passé comme prévu...


La randonnée démarre donc à Collioure. Une petite ville magnifique en bord de mer. Magnifique, ce n'est pas pour rien qu'elle a été élue plus village préféré des français en 2024 c'est clairement mérité ! Cependant, pas le temps de visiter auourd'hui car mon train est arrivé à 12h15 (croyez-le ou non, il était à l'heure) et j'ai de la route à faire aujourd'hui. Après quelques 150 m d'échauffement (c'est pas assez ? tant pis...) la trace commence fort puisque on attaque direct par une montée catégorie 3, et pas la plus facile. Plus de 3 km de montée et avec un joli passage rapidement qui monte au-dessus de 10%...
Par contre, clairement, le paysage nous récompense grandement de notre effort sur cette route. Au fur et à mesure que ça monte, on aperçoit de plus en plus Collioure et sa baie. Juste magnifique.







Mais un peu moins de 3 km plus loin c'est la douche froide (pas au sens propre, j'aurais bien aimé) : chemin fermé à cause des risques d'incendie. Bon, au vu de l'actualité du moment je ne suis pas étonné. J'insiste pas non plus, pas envie de finir en barbecue. Au début je continue tout droit en me disant que y aura bien un moment où je pourrai rattraper la route. Non. Demi-tour, pour redescendre la moitié de ce que j'ai monté. Je tente un chemin goudronné sur la gauche. Échec. Je redescend donc tout jusqu'à Collioute. Génial.
Après une analyse méticuleuse de la carte, me voilà reparti. La nouvelle trace contourne le massif fermé. Enfin, j'espérais contourner la montée et me retrouver tout frais de l'autre côté de la butte. Naïf. Non, car si au départ c'est bien plat, ça monte ensuite bien, puis fort, puis très fort, puis le sol passe du bitume au béton, puis on monte à JE SUIS PAS EN VTT KOMOOT BORDEL %. Ce qui doit correspondre à du 20% par là. Ayant un bon développement, une autre fois j'aurais pu quand même le passer à vélo, d'autant que ce n'était que 20 à 30 mètres. Mais là avec la chaleur - je vous ai déjà dit qu'on était en plein soleil ? - eh bien je mets pied à terre et je monte à pied. Et bordel, ça monte tellement que je galère à monter même en poussant le vélo, je dois faire attention à ne pas glisser, d'autant que les chaussures de vélo niveau adhérence y a mieux...
Bon heureusement, une fois avoir remonté tout ce que j'avais descendu, et même un peu plus, j'arrive au Col de Mollo (c'est une blague ?! comment on peut y aller mollo avec une montée pareil ?!). Et la vue me récompense bien.



Je continue sur quelques kilomètre sur les hauteurs, ça monte et ça descend mais en douceur relative. En plus de ça, sur la crête on profite d'une vue magnifique tout du long.







Puis la trace s'approche de Banyuls. Il commence à faire faim. Belle vue sur la ville au loin, puis on approche par ce qui est au départ un bien joli chemin, ça fait rêver une belle piste ultra-roulante. Mais c'est un piège car il se transforme rapidement - trop rapidement - en un sentier VTT très caillouteux avec même des petites marches. Je t'ai déjà dit Komoot que mon activité c'est le gravel ? J'ai comme un doute...



Je m'imaginais trouver un coin à l'ombre à Banyuls pour faire mon repas du midi. Cependant en fait la trace ne passe pas par plein centre de Banyuls et il n'y a aucun coin sympa... Je passe même par un endroit où Garmin indique un point d'eau que je ne trouve pas. Seulement un terrain de BMX et je m'amuse à y faire un tour en consolation. Tant pis pour l'eau, je devrais tenir jusqu'à Cerbère. Je me laisse donc entraîner par le tracé prévu et remonte directement sur les hauteurs. Petit passage par un chemin et la vue est déjà magnifique !



Et puis la route arrive littéralement dans les nuages. Saviez-vous qu'on pouvait se retrouver dans les nuages à 200 m d'altitude ? Eh bien, maintenant oui. C'est sur une route que j'ai déjà faite, on a normalement une belle vue sur la baie. Aujourd'hui c'est du blanc. Juste du blanc. C'est d'ailleurs impressionnant car on voir l'évaporation de la méditerranée qui forme une sorte de fumée qui monte à flanc de colline. Je me suis même demandé - période oblige - si c'était un incendie. À l'odeur je sentais le chaud, plus probablement l'herbe paille séchée préalablement chauffée par le soleil, car l'odeur n'était pas assez forte pour vraiment faire penser à un incendie.



Je ressors quand même de ce nuage. L'ombre est toujours aussi rare. Je vois finalement un arbre au bord de la route qui fait 1m² d'ombre. Eh bien, la pause midi sera là. Littéralement assis sur le bitume à manger mon sandwich. Heureusement aujourd'hui j'ai le meilleur sandwich de chez Picto (le Carpacheau pour ceux qui ont la chance comme moi d'avoir un Picto pas loin de chez eux - ce n'est pas sponsorisé j'adore juste leurs produits, je ne touche rien pour dire ça), ça compense. Et aussi une tarte clafoutis aux fruits rouges du Poussin Rose. Ça coûte un bras, mais bon y en a qui savent rouler sans les mains à vélo donc je peux bien en sacrifier une Franchement, un dessert super bon qui en plus résiste bien au transport à vélo dans sac compressé
La suite continue sur cette route sur la corniche, mais les nuages s'en vont et je peu enfin profiter de la vue !


J'arrive ensuite à Cerbère. Plus beaucoup d'eau en stock. Heureusement c'est une gare relativement importante pour le train, et nouvelle règle dans les gares SNCF : les fontaines à eau !! Je fais donc un tout petit crochet vers la gare, et BINGO ! La fontaine à eau est là ! Je remplis donc les réserves, c'est-à-dire les gourdes, mais aussi les réserves biologiques de mon corps ! Et puis c'est reparti ! Cerbère, une ville belle par endroits, hideuse à d'autre. Typiquement, le bord de mer est joli, mais si on s'éloigne trop on tombe sur de la maison en béton.
Originalité de la ville cependant : sur la trace, je dois traverser les rails. Il y en a beaucoup, et on passe par un tunnel sous les rails du train. Pourtant, d'habitude, ce sont les trains qui passent dans les tunnels...



Ensuite, ça y est on y est c'est l'objectif Espagne ! Le moment où il faut tout faire pour contrer la malédiction... Déjà vous avez noté qu'entre la France et l'Espagne il y a une petite colline appelée les Pyrénées, donc c'est parti pour remonter. La trace passe par une petite route qui monte bien mais très jolie avec quelques vignes. On passe aussi près d'un mémorial dédié aux vignerons pêcheures du coin du 19ème siècle qui - c'est ce qu'ils disent - respectaient la nature un peu plus que nous (peut-être parce qu'ils n'avaient pas les possibilités de maintenant, est-ce que l'espèce humaine est vraiment devenue destructrice ? Vous avez 2 heures...).





Et puis la route se transforme en chemin, avec des beaux pourcentages qui passent par les 20%. Et non, l'ombre n'est toujours pas apparue par magie. Là il fait VRAIMENT chaud, ma tête est une fontaine, c'est donc ça l'expression "suer à grosses gouttes". C'est pas une image, là c'est juste littéralement ce qui se passe, et on est pas loin d'inventer l'expression "suer une cascade"... Un coup d’œil au compteur en quête d'information positive du genre "c'est finit dans 50 m au virage"... Tiens, ça donne quoi le rythme cardiaque ? Doit être un peu haut, je dirais 185, peut-être 190 ? Voyons voir... 209 ????!!! Oh mon dieu j'veux pas mourir. Arrêt d'urgence, j'attends à l'ombre (si si, j'en ai trouvé sous un buisson) que ça redescende sous 180 (faudrait pas que je m'effondre sur le vélo, on sait jamais), puis je redescend le chemin puis la route. Clairement, je continue pas cette montée. Pour rien au monde.
Je redescends donc jusqu'à Cerbère. Cette rando est vraiment sous le signe de je monte, puis je remonte ensuite. Je vais donc finalement passer par la route. Une route qui m'avait apparue comme pas mal importante. D'ailleurs un panneau indique que ce fut même une nationale :

Maintenant elle a été reclassée départementale côté français, et en effet elle est moyenne+, avec au final pas trop de passage, à minima ce jour-là. La route monte en pente douce, pourtant le cœur monte quand même plus qu'il ne devrait. Je pense que je souffre physiquement de la chaleur, donc je reste attentif au moindre signe indiquant que je doive arrêter immédiatement tout effort physique et je prends de grandes inspirations pour limiter la flambée des bpm.
La montée est belle malgré tout, on a une vue magnifique sur la baie de Cerbère, de plus en plus belle au fur et à mesure qu'on s'élève...




Puis c'est enfin l'arrivée à l'ancien poste-frontière. Il est tout tagué et les vitres sont cassées. Si j'avais encore foi en l'espèce humaine, ça ne serait désormais plus le cas. Pour une raison inexplicable, dès qu'un lieu n'est plus surveillé, certains ne peuvent s'empêcher de le saccager...

Et puis enfin, c'est la consécration !! Je passe la ligne de frontière et je suis enfin en Espagne ! Dans ta face la malédiction ! Ça n'a pas été sans me battre franchement... Vue plongeante sur Portbou ! Et une belle descente plus tard j'arrive dans cette toute première ville d'Espagne atteinte à vélo de toutes mes randos !





J'arrive sur une petite place, vers une aire de jeux d'enfants où il y a DE L'OMBRE !! Et aussi un banc. Je fais donc une pause de 15 minutes et je reprends un peu d'énergie. C'est le moment de faire le point. De base, j'aurais dû remonter par un chemin jusqu'au col de Cerbère et revenir jusqu'à Collioure. Clairement, je n'aurai pas l'énergie de cette montée, ça serait dangereux et je n'aurai pas le temps. Cette option est instantanément abandonnée. Du coup, je me dis que quitte à changer mes plans, autant aller visiter l'Espagne un peu plus.
Je fais donc une trace vite fait sur mon téléphone sur Komoot. Direction Colera (pourtant non, je ne suis pas en colère). Pas grand choix en Espagne si on veut pas faire de VTT, le début se fait sur la même route que celle venant de Cerbère mais cette fois c'est une vraie nationale et elle est un peu plus impressionnante, avec quelques tunnels (que j'apprécie car ça fait du D+ annoncé par garmin qu'on a pas en vrai car garmin gère mal les tunnels !).


Puis je passe sur une petite route. Vue magnifique, splendide. Puis la route descend bien, et très fort. Je sais que je repasse par là au retour, je me dis que je vais peut-être regretter cette descente. Mais bon, la montée sera pour plus tard, on verra à ce moment-là... Il paraît qu'il faut que j'arrête d'anticiper le futur c'est mieux pour l'angoisse (oui je le fais que quand ça m'arrange... ).


Arrivée ensuite à Colera. Étonnamment, les gens n'y sont pas en colère (pour ou contre le comique de répétition ?). Blague à part, c'est une petite ville simple sans charme particulier mais elle est espagnole donc elle est géniale haha.

Demi-tour, et je retrouve des vues toujours plus jolies vers la mer. Franchement, l'Espagne ça vaut le coup, ça monte sans arrêt sur cette partie-là (quand ça descend pas), mais l'effort en vaut la peine !

Comme prévu, la montée est HORRIBLE pour remonter sur la nationale, d'autant plus que je suis pressé par le temps... Je continue les recommandations précédentes : grandes inspirations, grandes expirations, ...
Finalement, j'arrive LARGE à la gare de Portbou avec 10 minutes d'avance sur le départ du train ! Franchement, à 2 doit de faire demi-tour chercher une boulangerie... Blague à moitié car visiblement le concept de boutique en gare n'est pas arrivé jusqu'à l'Espagne. Même le concept de distributeur n'a pas passé la frontière... Bon bah tant pis j'attendrai la France pour la récompense de cette rando hyper exigeante.
Fun fact : le train parti, on passe dans un tunnel. D'habitude sur les voies c'est un sens par voie, mais là on commence à se faire dépasser par un train espagnol. Mais ça n'a pas du plaire au conducteur français car dès qu'il a vu le train espagnol en cours de dépassement il a vite accéléré et on est repassé devant. Ils ont déjà battu l'équipe de foot de France, c'en était trop pour notre conducteur français, son égo n'aurait pas supporté . Tiens d'ailleurs est-ce une solution ? Mettre des trains espagnols à côté de tous nos trains français, comme ça peut-être que nos trains seront enfin à l'heure ! En parlant de ça, mon train suivant a été supprimé à Narbonne, j'ai eu 1 heure 15 de correspondance, ce qui m'a permis de tester un SUBLIME glacier à Narbonne !

Déso j'ai commencé à déguster cette glace avant de prendre la photo, j'avais BESOIN de fraîcheur ! Genre, beaucoup, énormément !
Morale de la rando : très belle rando, vraiment j'ai adoré malgré tout. Mais on note pour les prochaines fois que la température à l'ombre n'est à regarder que dans les pays qui en POSSÈDENT !